ACBAP/CAPAL déclaration sur le projet de loi 62

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L’Association canadienne des bibliothécaires académiques professionnels souscrit aux valeurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme et de la Charte canadienne des droits et libertés, et affirme que la liberté d’expression, la liberté de pensée, la liberté de religion et la liberté de circulation sont des valeurs fondamentales qui doivent être maintenues dans une société libre et démocratique. Nous soutenons activement la liberté de recherche et la liberté d’expression, y compris la liberté fondamentale d’être qui nous sommes. En tant que professionnels de l’enseignement supérieur, nous cherchons à promouvoir la diversité et l’équité en éliminant les obstacles discriminatoires à l’éducation et en démontrant ouverture et respect envers les différentes cultures, opinions et croyances. Nous nous engageons à faire de nos bibliothèques des espaces accueillants pour tous.

À ce titre, les membres de l’ACBAP/CAPAL sont très préoccupés par l’impact que le récent projet de loi 62 : Loi favorisant le respect de la neutralité religieuse de l’État du Québec aura sur le personnel des bibliothèques universitaires et collégiales financées par les fonds publics et leurs usagers, en particulier les femmes musulmanes.

L’accès à l’information est l’un des droits de la personne. Il permet aux gens d’exercer pleinement leurs droits fondamentaux. Notre pratique quotidienne en tant que bibliothécaires est guidée par des valeurs professionnelles et des codes d’éthique qui rejettent la censure et incarnent des principes de justice sociale, comme le respect de la vie privée, l’équité et le droit d’accès à l’information de toutes les personnes afin de s’instruire et de participer pleinement à la société et à l’économie.

Cette loi rendra compromettante la position du personnel des bibliothèques des universités et des collèges financés par les fonds publics du Québec, puisqu’il devra mettre en œuvre, juger et faire respecter des lois qui contreviennent aux principes de la Charte et à ses propres codes de pratique professionnelle.

Des lois comme le projet de loi 62, lequel impose le contrôle des individus et entrave l’accès à l’information, contreviennent aux principes fondamentaux de la bibliothéconomie et menacent l’autonomie professionnelle des bibliothécaires.

Pour ces raisons, nous nous opposons sans réserve à l’adoption du projet de loi C-62 et nous exhortons le gouvernement du Québec à abroger immédiatement cette loi.9

Soumise par le comité de représentation de l’ACBAP/CAPAL et approuvée par le conseil d’administration CAPAL.

 

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